Empire (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XI e siècle, empirie, « état soumis à l'autorité d'un empereur ». Emprunté du latin imperium, « pouvoir suprême, », de imperare, « commander ».

I. Domination, suprématie.
1. Litt. Domination sur les choses. La fable attribuait à Neptune l' des mers. L'homme a établi son sur la nature.
2. Influence exercée sur une personne, ascendant. Elle a pris sur lui beaucoup d'empire. Garder l' de soi-même. Par ext. Agir sous l' de la colère, de la passion. Être sous l' de la boisson. Se soumettre à l' de la raison. (Dans certains emplois, on dit aussi Emprise. )

II. Autorité politique souveraine.
1. Pouvoir souverain, autorité suprême d'un chef d'État. Viser, aspirer à l'empire. Renoncer à l'empire. Les dictateurs ont rêvé de l' universel.
2. Forme de gouvernement autoritaire, pouvant s'étendre sur des peuples de race, de religion, de langue différentes. Fonder un . L'Empire égyptien. L' de Darius. L' d'Alexandre.
3. État soumis à l'autorité absolue d'un empereur. L'Empire romain. L'Empire byzantin. Le Saint-Empire romain germanique ou, ellipt., l'Empire. En France, le Premier Empire succéda au Consulat en 1804. Le Second Empire ne résista pas au désastre de Sedan. Absolt. L'Empire, le règne de Napoléon I er ou de Napoléon III. Spécialt. Le Céleste Empire ou L' du Milieu, la Chine. L' du Soleil-Levant, le Japon. L'Empire chérifien, le Maroc. Le Bas-Empire, l'Empire romain de la décadence, à partir du III e siècle environ. Par anal. État n'ayant pas à sa tête un empereur, mais puissant et dominateur. L'Empire inca. L'Empire ottoman. Expr. Pour marquer le refus d'un don, d'un échange. Je n'en voudrais pas pour un . Il ne cèderait pas sa place pour un ! Ellipt. Pas pour un ! pour rien au monde !
4. Par ext. Ensemble de vastes territoires soumis à un État étranger, quelle que soit la forme politique de ce dernier. L' colonial de la Troisième République. Le Commonwealth a succédé en 1931 à l'Empire britannique. Par anal. Un financier, industriel. Il est à la tête de l' du coton.
5. Par méton. Période pendant laquelle a régné un empereur. Sous le Premier Empire, sous le Second Empire, sous le règne de Napoléon I er , de Napoléon III. Style Empire, correspondant au goût qui dominait sous le Premier Empire. Ellipt. Un mobilier Empire.
6. Litt. L' de Neptune, de Pluton, les océans, les enfers. L' céleste, le ciel, le paradis.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Autorité absolue. "La Fable attribuait à Neptune l' des mers, à Pluton l' des enfers. Alexandre rêvait de conquérir l' du monde. Exercer un tyrannique sur ses enfants, sur sa femme, sur ses amis."
Il se dit figurément d'un Ascendant, d'une influence dominante. "Il a pris trop d'empire sur ce jeune homme. Se soumettre à l' de la raison. Céder à l' des passions. L' de la mode."
"Avoir, prendre de l' sur soi-même," Savoir commander à ses passions.
Il signifie spécialement Autorité absolue d'un chef d'État qui porte le titre d'empereur. "Aspirer, parvenir à l'empire."
Il se dit, par extension, de l'État ou de l'Ensemble des États qui sont soumis à cette autorité.
"Bas-Empire." Voyez BAS.
Il désigne par extension la Période de temps qu'a régné un empereur. "L'empire d'Auguste fut une époque de paix pour Rome. Les guerres du Premier Empire, du Second Empire." On dit même absolument l'"Empire" pour désigner le Règne de Napoléon Ier ou celui de Napoléon III.
Fig., "Il ne cédera pas pour un ," Rien ne le fera céder.
Il se dit, dans un sens plus général, d'un État ou d'un Groupe d'États qui ne sont point dirigés par un empereur. "À la mort d'Alexandre, ses généraux se partagèrent son empire. La puissance de Dieu s'étend sur tous les s."
Par analogie, "l'Empire des morts," Les demeures souterraines où l'on supposait que les morts résidaient.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Commandement, autorité, puissance.
ROTR.: « Prends dessus mes sujets un suprême »
PASC.: « Les papes sont loin de traiter les chrétiens avec cet que l'on voudrait exercer en leur nom »
BOSSUET: « Le monde est sous l' du mauvais esprit »
BOSSUET: « Les princes agissent comme ministres de Dieu et ses lieutenants sur la terre ; c'est par eux qu'il exerce son »
BOSSUET: « Reconnaître le suprême de Dieu »
RAC.: « Songez-vous.... Que j'ai sur votre vie un suprême ? »
RAC.: « Accablant vos enfants d'un odieux »
FÉN.: « Un roi qui avait sur ses peuples un absolu »
FÉN.: « Neptune, toi qui tiens l' des ondes »
VOLT.: « Ma fille est, je le sais, soumise à votre »
LAMART.: « Quel que soit le destin que couve l'avenir, Terre [l'Italie], enveloppe-toi de ton grand souvenir ; Que t'importe où s'en vont l' et la victoire ? Il n'est point d'avenir égal à ta mémoire »
    Absolument.
CORN.: « S'il traite avec douceur, il traite avec »
PASC.: « Ils regardent les gens avec , ils disputent avec hardiesse et confiance »
BOSSUET: « Il fait ces miracles avec »
FLÉCHIER: « Cet orgueil qui nous fait regarder nos inférieurs avec hauteur et avec »
MASS.: « Malheur aux pasteurs qui traitent leurs brebis avec une rigueur sévère et pleine d'empire »
Mme DE GENLIS: « Mme de la Fayette, qui serait aussi aimable que son amie Mme de Sévigné, si elle avait un peu moins d' dans le caractère »
    Il se dit aussi par rapport aux animaux.
LA FONT.: « Et quant au berger, l'on peut dire Qu'il était digne de tous maux, Étant de ces gens-là qui sur les animaux Se font un chimérique »
BOSSUET: « La perfection et la puissance de l'homme tant qu'il porte l'image de Dieu en son entier, son sur les animaux »

 2   Ascendant, influence.
CORN.: « Et ma raison sur moi gardera tant d'empire, Que.... »
CORN.: « Il parle et j'obéis à son secret »
MOL.: « Comme l'esprit a grand sur le corps »
MOL.: « Je n'ai point sur ma langue un assez grand »
PASC.: « Les femmes ont un absolu sur l'esprit des hommes »
RAC.: « J'avouerai que la gloire eut sur moi quelque »
RAC.: « Elle a repris sur vous son souverain »
RAC.: « Mais hélas ! de l'amour ignorons-nous l' ? »
RAC.: « Vos conseils sur mon coeur n'ont eu que trop d'empire »
RAC.: « Lorsque j'ai de mes sens abandonné l'empire »
ROLLIN: « Elle [l'Égypte] régnait par la sagesse de ses conseils et par la supériorité de ses connaissances ; et cet d'esprit lui parut plus noble et plus glorieux que celui qu'on établit par les armes »
MASS.: « Il veut qu'on admire l' qu'il a sur nos coeurs »
VOLT.: « L'inflexible Zopire, Qui craint de la raison l'inévitable »
VOLT.: « De ma religion j'ai moins senti l'empire »
    Prendre de l' sur quelqu'un, décider de ce qu'il veut, de ce qu'il fera.
CORN.: « Vous prenez sur mon âme un trop puissant »
CORN.: « J'ai cru devoir sur lui prendre ce haut »
MOL.: « Cet amour que pour lui votre astre vous inspire N'a sur vos actions pris que bien peu d'empire »
MOL.: « Laissez moins sur votre sagesse Prendre d' à vos douleurs »
    Exercer, avoir de l' sur soi-même, se contenir, commander à ses passions.
    L' de la mode, de la beauté.

 3   Autorité souveraine, impériale ou royale, ou dictatoriale.
CORN.: « J'ai souhaité l' et j'y suis parvenu »
CORN.: « Quiconque pour l' eut la gloire de naître »
RAC.: « [Il] ne peut dignement vous confier qu'aux mains à qui Rome a commis l' des humains »
RAC.: « Je ne fais point de pas qui ne tende à l'empire »
RAC.: « Un autre était chargé de l' du monde »
    Il se dit d'un état considérable, quelle que soit la forme du gouvernement.
CORN.: « Mais enfin on perd tout quand on perd un »
BOSSUET: « Elle [l'Écriture] reprend l'histoire du monde dès sa première origine, et nous fait voir, par ce moyen, mieux que toutes les autres histoires, les principes primitifs qui ont formé les s »
BOSSUET: « On voit les lois s'établir, les moeurs se polir et les s se former »
BOSSUET: « Vous voyez comme les s se succèdent les uns aux autres, et comme la religion, dans ses différents états, se soutient également depuis le commencement du monde jusqu'à notre temps »
MIRABEAU: « Nous avons échappé à cette mort qui atteint les s comme les individus ; vous n'avez pas seulement reculé la durée de notre société politique, vous avez recréé son existence »
    En particulier, état gouverné par un empereur. L' d'Autriche, de Russie. L' français. L' succéda au consulat en 1804. L' succéda à la république en 1852. L' romain. L' de Charlemagne. L' d'Alexandre.
    Haut-empire, l' romain depuis le règne d'Auguste jusqu'à la chute de l' d'Occident. Bas-empire, l' romain depuis la chute de l' d'Occident jusqu'à la prise de Constantinople.
    L' d'Occident, la partie de l' romain, qui comprenait l'Italie, l'Espagne, la Gaule et la Bretagne ; l' d'Orient, celle qui comprenait la Grèce, l'Asie Mineure, l'Égypte et l'Afrique septentrionale.
    Le saint-empire, l' romain, rétabli par Charlemagne en 800.
V. HUGO: « Amis, Charles d'Espagne, étranger par sa mère, Prétend au saint- »
    Absolument. Se dit du règne de Napoléon 1er. Du temps de l'empire. Les guerres de l'empire. On le nomme aussi le premier .
    Absolument, il se disait autrefois de l' d'Allemagne. Les cercles de l'Empire.
LAFONT.: « Un envoyé du grand seigneur Préférait, dit l'histoire, un jour, chez l'empereur, Les forces de son maître à celles de l'Empire »
VOLT.: « Ce kan ne commandait point les armées du grand seigneur ; il était comme les princes feudataires d'Allemagne, qui ont servi l'Empire avec leurs propres troupes subordonnées au général de l'empereur allemand »
    Se dit des animaux dans le langage poétique.
LA FONT.: « Autrefois l'éléphant et le rhinocéros, En dispute du pas et des droits de l'empire, Voulurent terminer la querelle en champ clos »
LA FONT.: « Deux taureaux combattaient à qui posséderait Une génisse avec l' »
    Familièrement. Il ne céderait pas pour un , pour rien au monde.
LA FONT.: « Qui n'eût ri ? quant à moi, Je n'en eusse quitté ma part pour un »
    Les peuples compris dans un . L' se souleva.
RAC.: « L' vainement demande un héritier »
    Règne. Virgile vivait sous l' d'Auguste.

 4   L' de la mer, la domination des mers. L'Angleterre affecta l' de la mer.
D'ABLANCOURT: « Regagner l' de la mer »
    Le maritime , les mers.
LA FONT.: « Pour moi [rat] j'ai déjà vu le maritime »
    L' des morts, les demeures souterraines où l'on supposait que les morts résidaient.
LA FONT.: « Le vent redouble ses efforts, Et fait si bien qu'il déracine Celui de qui la tête au ciel était voisine, Et dont les pieds touchaient à l' des morts »
RAC.: « Moi même il m'enferma dans des cavernes sombres, Lieux profonds et voisins de l' des ombres »

REMARQUE
    Dans les locutions haut-empire, bas-empire, Saint-Empire, on met un trait d'union.

SYNONYME
    1. EMPIRE, ROYAUME., L' est la domination ou le domaine d'un empereur. Le royaume est la domination ou le domaine d'un roi. De plus, se dit d'une domination d'une vaste étendue ; un royaume peut être très petit ; un petit est ridicule. Empire se dit très bien pour une vaste domination sans empereur : l' romain avant Auguste ; en cet emploi, il va sans dire que royaume ne pourrait être substitué à . Empire se dit aussi, dans le style élevé, d'un royaume puissant : l' des lis.
    2. EMPIRE, RÈGNE., Comme on dit qu'un empereur règne, on dira indifféremment sous l' ou sous le règne d'Auguste. Mais on dira sous le règne de Louis XIV, et non sous l' de Louis XIV.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. CCXCIII: Charles, semon les oz [armées] de tun
    XIIème siècle
     Bat. d'Aleschans, V. 5252: Bien vos puis dire, et si est veritez, Si grant [armée] ne vit homs qui soit nez, Com en cel champ ot le jor assemblez
     Liber psalm. p. 236: Li sire jugera les fins de terre, et dunra emperie à sun rei
     ib. p. 123: Dune, sire Dieus, emperie à tun enfant, et salf fai le fil de la tue ancele
    
     Lai d'Ignaurès: C'est cil qui de plus haut renon Est chevaliers de cest
    XIIIème siècle
     la Rose, 6270: Si tint-il l' de Rome Cis desloiaus que je ci di
    XVIème siècle
MONT.: « Revenons à l' de la coustume »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. emperi ; espagn. et ital. imperio ; du lat. imperium. Dans le moyen âge on jouait souvent sur , royaume, et , action d'empirer : Lors est perdus joers et rires, Li roiaumes devient s, Fabliaux mss n° 7615, t. I, f° 102, dans LACURNE. Emperie n'est qu'une forme étymologique ; la prononciation était empeire ou .


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Commandement, puissance, autorité, ascendant. "Exercer un despotique dans sa maison, sur ses domestiques, sur sa femme, sur ses enfants. Il exerce un tyrannique sur ses amis. Vous avez un absolu sur moi. Il a pris , de l'empire, beaucoup d' sur un tel, sur l'esprit d'un tel."
Il s'emploie figurément, dans le même sens. "L' de la raison. L' des passions. L' de l'amour. L' de la mode."
"Traiter quelqu'un avec ," Le traiter avec orgueil, avec hauteur, avec rudesse.
"Avoir, prendre de l' sur soi-même," Savoir commander à ses passions.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi pour Domination, puissance politique. "L' des Assyriens. L' des Perses. L' des Grecs, des Romains. Tenir les rênes de l'empire. Il aspirait à l' de toute la terre. Les s que le temps a détruits. La chute des s."
"Le siége d'un ," La résidence du souverain qui est à la tête d'un . "Cette ville fut longtemps le siége de l'empire. Transférer le siége de l' d'une ville dans une autre."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit également pour Le règne d'un empereur. "Cet auteur vivait sous l' d'Auguste. Cet événement se passa sous l' de Charlemagne."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, L'étendue des pays qui sont sous la domination d'un empereur. "L' d'Orient. L' d'Occident. L' de Russie. L' romain s'étendait depuis l'Océan occidental jusqu'à l'Euphrate. Étendre, reculer les bornes d'un . La capitale d'un . Le démembrement d'un ."
Il se dit, par extension, Des pays placés sous la domination d'un souverain puissant qui a un autre titre que celui d'empereur. "L' d'Alexandre fut partagé entre ses généraux. Le vaste que ce roi gouverne."
"Le Bas-Empire," L' romain à son temps de décadence, que les uns font commencer au règne de Valérien, et les autres à celui de Constantin. "L'histoire du Bas-Empire. Auteur du Bas-Empire. Médaille du Bas-Empire."
Prov. et fig., "Il ne céderait pas pour un ," Rien n'est capable de le faire céder.



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'est dit particulièrement et absolument de L' d'Allemagne. "Les électeurs de l'Empire. Les princes de l'Empire. Feudataire de l'Empire. C'était un fief de l'Empire. Relever de l'Empire. Terre d'Empire" ou "de l'Empire. Les cercles de l'Empire. Prince du saint-empire. Comte du saint-empire. Marquis du saint-empire."



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi quelquefois pour désigner Les peuples d'un . "L' se souleva."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

["Anpire": 2e lon., 3e "e" muet.] 1°. Comandement, puissance, autorité. 'Avoir, prendre "de l' sur" quelqu'un. 'L'" de" la raison.
- Avoir "de l' sur" soi. = Traiter quelqu'un "avec ", avec hauteur.
- 2°. Domination, monarchie.
- "L'Empire des" Assyriens, "des" Mèdes, "des" Turcs.
- 3°. Le temps que dure le règne d'un Empereur. '"Sous l'Empire d' "Auguste, "de" Trajan, "de" Charlemagne, etc.
- 4°. L'étendûe du pays soumis à un Empereur. 'Étendre les bornes "d'un Empire". '"L'Empire" Romain s'étendait dans tout l'Univers conu.
- 5°. Il se dit encôre pour les peuples. Tout "l'Empire" se souleva.
- 6°. Pris absolument et sans addition, il s'entend de l'Empire d'Allemagne. 'Les Électeurs, les Cercles de l' "Empire", etc.
- 7°. Par extension, on le dit d'un grand Royaume. '"L'Empire François".
- Mais l'usage ne permet pas qu'on l'aplique à tous les États vastes et étendus, et nous ne le disons guère que de ce Royaume.
   Rem. "Empire" a beaucoup de raport avec "règne", "royaume", "pouvoir", "autorité". Voici leurs diférences, suivant l'Ab. "Girard". = "Empire", "règne". Le 1er a une grâce particulière, quand on parle des peuples et des nations: le 2d convient mieux à l'égard des Princes. L'on dit, "l'Empire des" Assyriens, "des" Turcs; et "le Règne des" Césars; "des" Paléologues, etc. Le mot d'"Empire" s'adapte au gouvernement domestique des particuliers. On dit d'un père, d'une mère, qu'ils "exercent un " cruel "sur" leurs enfans, "sur" leurs valets. Le mot de "règne" ne s'applique qu'au gouvernement public ou général, et non au particulier. On ne dit pas qu'une femme est malheureuse "sous le règne", mais "sous l'empire" d'un jaloux. 'Ce n'est ni les longs "règnes", ni leurs fréquens changemens, qui causent la chûte des "Empires", c'est l'abus de l'autorité. = "Empire", "Royaume". Il semble que le mot d'"Empire" fait naître l'idée d'un vaste État, et composé de plusieurs peuples, et que celui de "Royaume" marque un État plus borné, et fait sentir l'unité de la nation, dont il est formé. On dit, l'"Empire d'"Allemagne, l'"Empire de" Russie, l'"Empire" Ottoman; le "Royaume de" France, "d'"Angleterre, etc. = "Empire", "autorité", "pouvoir". Ces trois mots signifient ce qu'on peut sur l'esprit des aûtres. Il semble que "pouvoir" dit plus qu'"autorité", et qu'"empire" enchérit sur "pouvoir". L'"autorité" qu'on a sur les autres vient toujours de quelque mérite, ou supériorité d'esprit, de naissance, ou d'état: Le "pouvoir" vient, pour l'ordinaire, de quelque liaison de coeur, ou d'intérêt: "l' " vient d'un ascendant de domination, arrogé avec art, ou cédé par imbécillité: "l'autorité" laisse plus de liberté: le "pouvoir" parait avoir plus de force: l'"empire" est plus absolu. 'C'est à un ami sage et éclairé que nous devons donner quelque "autorité", et quelque "pouvoir" sur notre esprit; mais nous devons nous défendre de tout "empire", autre que celui de la raison. GIR. "Synon."
   On dit, dans le style familier, "pas pour un Empire": rien ne pourrait m'y engager.
   Lui de crier, chacun de rire,
   Monarque et Courtisans. Qui n'eût ri? Quant à moi,
   Je n'en eusse quitté ma part "pour un Empire".
       La Font.




Emplacement dans le dictionnaire :

emphytéotique
empiècement
empierrement
empierrer
empiètement
empiéter
empiffrer
empilement
empiler

empiré
empirer
empirique
empiriquement
empirisme
emplacement
emplacer
emplanter
emplâtre
emplâtrier
emplette




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...et à l'enrôlement forcés. Un tel système ne pouvait évidemment durer qu'autant que le pouvoir politique était assez fort pour l'imposer. C'est pourquoi il ne survécut pas à la dissolution de l'empire. D'ailleurs, les guerres civiles et les invasions avaient détruit le commerce et l'industrie ; les artisans profitèrent de ces circonstances pour fuir les villes et se disperser dans les campagnes....


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...et accidentelle ; encore bien moins est-il possible d'admettre qu'elle ait été le produit de je ne sais quelle aberration collective. Si depuis les origines de la cité jusqu'à l'apogée de l'empire, depuis l'aube des sociétés chrétiennes jusqu'aux temps modernes, elles ont été nécessaires, c'est qu'elles répondent à des besoins durables et profonds. Surtout le fait même qu'après avoir disparu...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...de la tradition, comme la ville elle-même. Comme, dans un groupe aussi restreint, les conditions de la vie sont à peu près invariables, l'habitude y exerce sur les gens et sur les choses un empire sans contrepoids, et les nouveautés finissent même par y être redoutées. Le traditionalisme des corporations n'était donc qu'un aspect du traditionalisme communal, et il avait les mêmes raisons...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...fin transcendante que l'expérience ne peut atteindre ; c'est affaire au métaphysicien de s'en occuper. Mais ce qui est avant tout certain, c'est qu'elle se développe dans l'histoire et sous l'empire de causes historiques, c'est qu'elle a une fonction dans notre vie temporelle. Si elle est telle ou telle à un moment donné, c'est que les conditions dans lesquelles vivent alors les hommes ne...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

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